La meilleure philosophie, relativement au monde, est d'allier, à son égard, le sarcasme de la gaieté avec l'indulgence du mépris.

 

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Wala (m)ahbal

Wala (m)ahbal

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🎵Je suis de celles - Benabar

J’ai voulu attendre que les réactions à l’affront se fassent et se tassent afin de donner mon avis.

J’avais pensé garder le silence mais ce fut trop dur de me taire.

Croyez-moi je suis loin d’être féministe!

Par contre je suis humaniste jusqu’à la moelle et à mon humble avis, les idioties monumentales qui furent prononcées au cours de l’émission « d’une autre planète », c’est tout ce qui ne va pas avec l’humanité, en particulier au Liban et de manière générale, dans le monde.

Alors oui, évidemment, Dr. SANDRINE ATALLAH, sexologue, fut victime de plusieurs ridicules qui sont autant de pathologies profondément inscrites dans l’ADN de notre société rétrograde: on ne lui accorda pas vraiment ni temps ni espace de parole puisque c’est une femme, forcément elle ne devait pas avoir grand chose à dire ou à apprendre à ces grands hommes qu’elle se dut d’écouter quand bien même c’était elle, l’invitée ; on insinua qu’une femme ne pouvait sérieusement s’y connaître en matière de sexualité (dont, incidemment, seuls les hommes sont les experts et tant pis s’ils ne savent pas où se trouve le clitoris, pas nécessaire); on décida qu’une femme qui prodiguait des conseils scientifiques en sexualité, de sa voix de femme, c’était Eve qui tentait Adam, donc une enchanteresse, une sorcière, voire même, peut-être, la voix d’une travailleuse du sexe dans le téléphone au cours d’une séance de phone sex.

C’est drôle mais pour ces hommes-là, une sexologue c’est un peu le téléphone rose.

Donc, sexisme par excellence, ignorance, intolérance, machisme et j’en passe.

Bref, je ne cherche pas à réitérer ce qui a déjà été dit et dénoncé.

Ce qui m’interpelle surtout c’est ce mal inhérent à notre société comme à tant d’autres : l’hypocrisie.

D’abord en ce qu’au Liban tout, absolument tout se fait dans l’excès, mais rien ne se dit, surtout pas officiellement à la télévision. 3ayb ! Nous insistons à renvoyer une image de « bonne famille » prude et puritaine alors que, soit nous n’y croyons pas un seul instant, soit (dans certains milieux) il est permis de violer sa soeur ou sa fille. Il est temps d’assumer, de cesser de nous mentir ou de mentir à nos enfants. Il est surtout temps de les éduquer pour qu’ils cessent d’en faire un si grand sujet dans leurs têtes de futurs harceleurs complexés. Parler de sexualité n’est pas grave ou tabou, parler de religion comme d'une identité est très grave.

Ensuite en ce qu’on en est encore là!

Vous imaginez?

En 2021, un homme ça mate du porno, une femme non parce qu’une femme ne peut pas aimer copuler sans sentiments.

En 2021, un homme qui accumule les plans « cul » sans lendemain c’est l’Hercule du pieu mais une femme qui affectionne les one-night-stand est une pute.

En 2021, une femme qui parle librement de ce qu’elle aime qu’on lui fasse, qui susurre des coquineries ou qui énonce crument qu’elle désire se faire prendre par derrière, est une femme vulgaire et de mauvaise vie mais un homme qui te dit qu’il rêve de te déchirer le postérieur, c’est Rocco Siffredi.

En 2021, une femme qui largue le foyer familial parce que la dernière fois qu’on avait trouvé son point G, la dernière fois qu’elle avait ressenti les spasmes d’un orgasme c’était en 1990, qui revendique le droit au plaisir, est une salope ; un homme qui s’en va parce qu’il ne désire plus coucher avec sa femme, on le comprend, c’est normal.

En 2021, une femme qui a des incontinences urinaires ou un vagin élargi post-accouchement est une femme qui souffre de « conditions » affligeantes mais un mec avec un micro pénis ou un pénis normal dont il ne sait pas faire usage ou qui bande mou, ce n’est pas grave, yo2borné.

En 2021, une femme qui s’assume est une souillon, un homme qui s’assume, un cadeau de Dieu aux femmes.

Et…en 2021, un avorton qui s’offusque parce que vagin en arabe c’est « mahbal »…wala ahbal.

Vous voyez, ce qui s’est produit sur ce plateau est quelque part bien plus désolant que pur sexisme.

Ce fut plutôt un signal d’alarme assourdissant de l’état de nos mentalités: plus le temps avance et plus nous régressons.

Or, l’un des rôles essentiels de la télé est de faire progresser les consciences et non de les renvoyer au Moyen-âge.

Pour moi, il ne s’agit pas d’obtenir aux femmes les mêmes privilèges que les hommes car cela voudrait dire que la sexualité est un privilège ou même un droit. Un non-débat!

Ou du moins, il faudrait déplacer le débat.

La sexualité c’est comme un bras, une jambe, un œil ou une dent.

Nous naissons avec.

C’est biologique, naturel.

Ce n’est ni un privilège ni un droit.

Je ne vois pas un plateau de télé animer un grand débat sur le droit d’avoir un bras ou un pied.

Mais nous en sommes là.

De grâce, comprenez, il ne vous appartient aucunement de nous octroyer le droit d’user et d’abuser de ce qui fait partie intrinsèque de notre être, ni de nous permettre de parler de ce que vous ne possédez pas.

Si les gens (hommes et femmes) arrêtaient de jouer les demis dieux, le monde s'en porterait bien mieux.

Bass wala (m)ahbal.

Yasmina.

 

À vous, mamans, héroïnes sublimes!

À vous, mamans, héroïnes sublimes!

How long is forever?

How long is forever?